Et vous, que feriez-vous ?

Vous concevez une capsule vidéo pour un module de formation interne. Elle dure 3 minutes, avec une voix off, quelques bruitages, et des termes techniques. Le public visé est large : salariés en situation de handicap, apprenants à distance, public non-francophone.

Principe

Rendre chaque contenu vidéo ou audio accessible passe par l’ajout de sous-titres lisibles et synchronisés.

Ils permettent à chacun de suivre et de comprendre un média, même sans le son, et profitent autant aux personnes sourdes ou malentendantes qu’à tous ceux qui apprennent une langue, consultent un module dans un environnement bruyant, ou ont simplement besoin d’un support écrit.

Explication audio (transcription disponible)

Transcription

 Les sous-titres font partie des grands fondamentaux de l’accessibilité numérique. Ils permettent aux personnes sourdes ou malentendantes d’accéder au contenu, mais sont utiles à bien d’autres : apprentissage de la langue, contexte bruyant, trouble de l’attention, etc.

En différé comme en direct, il existe aujourd’hui des outils pour générer des sous-titres synchronisés. Les sous-titres « SME » (sous-titrage pour sourds et malentendants) doivent inclure dialogues, indications sonores, et identification des locuteurs si besoin.

En direct, prévoir aussi un canal écrit (chat) ou une transcription rapide pour pallier les limites des outils.

À vérifier

  • Vérifier que chaque contenu audiovisuel (vidéo, motion design, audio) propose des sous-titres synchronisés (SME) en français, et dans les langues cibles si besoin.
  • S’assurer que les sous-titres mentionnent les dialogues, les noms des locuteurs, ainsi que les bruitages ou ambiances importants.
  • Pour le direct : activer un outil de sous-titrage en temps réel ou proposer une transcription rapidement après.

Pour qui ?

  • Personnes sourdes ou malentendantes
  • Apprenants en contexte bruyant
  • Utilisateurs ayant besoin de soutien écrit (trouble de l’attention, non-francophones, etc.)
  • Toute personne qui ne peut pas activer le son

Pourquoi c’est important ?

Les sous-titres sont indispensables à l’égalité d’accès pour les publics sourds/malentendants.

Ils offrent aussi une expérience enrichie pour de nombreux autres profils, améliorent la compréhension et favorisent la mémorisation.

Comment réussir

  • Utilisez un outil de sous-titrage fiable et anticipez les besoins du public.
  • Vérifiez la synchronisation : le texte doit apparaître en même temps que l’audio.
  • Incluez dialogues, bruitages, identification des locuteurs et indications sonores pertinentes.
  • Pour répondre aux exigences SME (sous-titrage pour sourds et malentendants), veillez à intégrer toutes les informations nécessaires à la compréhension : dialogues, bruitages significatifs, identification des locuteurs et ambiances sonores importantes.
  • Pour les directs, appuyez-vous sur le sous-titrage automatique, la vélotypie, ou proposez un canal écrit complémentaire (chat, forum).
  • Préparez un script, un lexique de termes, et centralisez tous les textes pour faciliter le sous-titrage, notamment pour les contenus complexes ou techniques.
  • Faites relire les sous-titres par un collègue ou un utilisateur concerné pour garantir leur qualité et leur accessibilité.

Réaliser des sous-titres accessibles pour les contenus audiovisuels et LSF

Les sous-titres rendent les contenus vidéo et audio accessibles à toutes et tous, en particulier aux personnes sourdes, malentendantes ou en contexte bruyant.

Voici les points essentiels à respecter lors de la création de sous-titres dans un module digital learning.

Structure

Pour garantir la compréhension de tous les publics :

  • Synchronisation : Affichez chaque sous-titre en même temps que l’information est prononcée ou entendue, ni trop tôt, ni trop tard.
  • Segmentation : Découpez les sous-titres en phrases courtes, idéalement 37 à 42 caractères par ligne, et jamais plus de deux lignes à la fois.
  • Ponctuation : Utilisez la ponctuation courante (virgules, points, points d’interrogation…) pour faciliter la lecture rapide.
  • Identification des locuteurs : Précisez systématiquement le nom ou le rôle du locuteur en cas d’ambiguïté ou en présence d’une voix off (ex : [Voix off], AUGUSTE :).
  • Indications sonores : Ajoutez toute indication de bruit ou de musique utile à la compréhension ([Bruit de porte], [Musique], etc.), uniquement si cela apporte une information importante.
  • Fidélité : Reprenez fidèlement les propos, en adaptant la formulation si nécessaire pour plus de clarté, mais sans jamais résumer.
  • Uniformité : Maintenez la même logique et la même présentation tout au long du module.

Lisibilité

Pour que les sous-titres soient accessibles et confortables à lire :

  • Contraste : Garantissez un contraste élevé entre le texte des sous-titres et l’arrière-plan, idéalement avec un fond semi-transparent pour ne pas masquer le contenu visuel.
  • Police : Choisissez une police sans empattement, bien lisible, avec une taille d’au moins 18 px (à ajuster selon le contexte).
  • Position : Placez les sous-titres en bas de l’écran, sauf si cela masque une information essentielle (dans ce cas, positionnez-les en haut).
  • Code couleur : Il existe des pratiques consistant à différencier les couleurs selon les types de sous-titres (jaune pour la voix off, blanc pour les dialogues…). Aucune norme française ne l’impose. Si vous choisissez un code couleur, veillez à sa cohérence.
  • Compatibilité multi-supports : Vérifiez que les sous-titres sont lisibles sur ordinateur, mobile et tablette.

Erreurs à éviter

Pour garantir l’accessibilité et la qualité des sous-titres :

  • Proposer des sous-titres trop longs ou qui défilent trop vite, ce qui rend la lecture difficile.
  • Omettre les éléments clés (sons, musiques, changements de locuteurs).
  •  Publier des sous-titres sans relecture humaine (orthographe, synchronisation, compréhension).
  • Se contenter d’une génération automatique, surtout pour les contenus techniques.
  • Confondre sous-titrage et transcription : le sous-titre est court, synchronisé, contextuel ; la transcription est intégrale et séparée.
  • Modifier la logique ou le style de sous-titrage en cours de module, ce qui déstabilise l’utilisateur.

Formats recommandés :

.VTT (WebVTT) et .SRT (SubRip) sont les formats les plus universels en e-learning et vidéo.

Exemples d’outils compatibles :

  • Storyline : .SRT
  • Rise360 : .VTT
  • Moodle : .VTT ou .SRT
  • YouTube : .SRT ou .VTT

Intégration et compatibilité

Intégration :

  • Privilégiez toujours les sous-titres « fermés » (l’utilisateur peut les activer ou désactiver).
  • N’utilisez des sous-titres « ouverts » (incrustés à l’image) qu’en dernier recours, car cela limite la personnalisation et l’accessibilité.

Tests à réaliser :

  • Essayez l’activation/désactivation des sous-titres sur ordinateur, mobile, tablette, LMS…
  • Vérifiez la lisibilité en cas de zoom, de changement de contraste ou de lecture avec un lecteur d’écran.

Pour certains publics, la Langue des Signes Française (LSF) complète ou remplace les sous-titres.

  • Proposer une version LSF (interprète professionnel incrusté dans la vidéo ou version alternative) répond au critère AAA du WCAG (1.2.6).
  • Attention, tous les sourds/malentendants ne pratiquent pas la LSF. Pour garantir l’inclusion, il est essentiel de proposer à la fois des sous-titres et la LSF quand c’est possible.
  • Privilégiez la LSF pour les modules à large public, les contenus institutionnels ou les événements en direct.
  • Pour le direct, activez également un canal écrit (chat, Q/R) ou fournissez une transcription rapide pour contourner les limites des outils de sous-titrage automatique.
  • Les sous-titres doivent être présents, synchronisés, lisibles et fidèles à l’audio.
  • Mentionnez systématiquement les sons importants et identifiez clairement les locuteurs.
  • Privilégiez les formats .VTT ou .SRT, et testez toujours la compatibilité avec vos outils.
  • La LSF est un atout d’inclusion mais ne remplace pas les sous-titres.
  • Respectez la cohérence et la logique de sous-titrage tout au long du module.

Pour aller plus loin

L’expérience sur le web de Sophie Drouvroy, sourde de naissance par 02Switch.

Suivre ma progression :