Table des matières
A
Durée : 6 minutes

Testez-vous !
Une vidéo animée explique comment trier ses déchets. Chaque bac est distingué par une couleur, et une voix-off commente les étapes.
Principe
Pour qu’aucun utilisateur ne rate une information essentielle, ne la transmettez jamais uniquement par la couleur, le son, la forme ou la position.
Associez toujours chaque message important à un texte, une icône, un motif, un symbole ou une alternative visuelle/sonore adaptée.
Explication audio (transcription disponible)
Transcription
On n’y pense pas toujours, mais il existe de nombreuses façons de passer à côté d’une information dans un module :
- Un daltonien peut ne pas distinguer deux couleurs sur un schéma, et manquer une consigne visuelle importante.
- Une personne sourde, sans sous-titres sur un audio essentiel, peut se retrouver bloquée dans une activité.
- Un apprenant malvoyant, sans description d’une image complexe, ne peut pas accéder à tout ce qu’elle transmet.
Et c’est encore plus vrai pour les personnes ayant plusieurs handicaps, qui doivent composer avec leurs propres repères.
C’est pour cela qu’il faut toujours prévoir une autre manière de transmettre l’information : ajouter une étiquette, un texte, une icône, ou une alerte visuelle ou sonore.
Ce n’est pas juste une règle d’accessibilité, c’est une logique d’inclusion. Il n’y a pas de recette magique, mais on peut toujours renforcer l’accès en diversifiant les supports, pour qu’aucun utilisateur ne soit mis de côté.
À vérifier
- S’assurer qu’aucune information essentielle n’est transmise par la couleur seule.
- Vérifier que chaque message clé est doublé par du texte, une icône, une forme ou une texture.
- S’assurer que les différences dans les graphiques et schémas sont identifiables sans la couleur seule (utiliser des motifs, labels, icônes…).
- Vérifier que chaque son ou signal audio est complété par une indication visuelle ou textuelle.
- S’assurer que la position, la forme ou la taille ne sont jamais utilisées seules pour distinguer une information ou une action.
Pour qui ?
- Personnes daltoniennes, aveugles, malvoyantes, sourdes ou malentendantes
- Utilisateurs en situation de polyhandicap
- Toute personne qui consulte le module dans des conditions difficiles (éclairage, bruit, fatigue…)
Pourquoi c’est important ?
Parce que s’appuyer sur un seul type d’indice, c’est risquer d’exclure une partie du public : proposer plusieurs formes, c’est garantir l’accès à l’information pour tous, quelles que soient les contraintes.
Comment réussir
- Associez systématiquement un texte, une icône, une forme ou un motif à chaque couleur ou son utilisé pour transmettre une information.
- Garantissez que toute consigne ou correction reste accessible, même sans perception d’un indice sensoriel particulier (ex : couleur seule, son seul, etc.).
- Vérifiez la lisibilité des visuels à l’aide d’un simulateur de daltonisme et d’autres filtres d’accessibilité visuelle.
- Proposez des alternatives textuelles ou sonores adaptées selon le contexte et le média (ex : sous-titres, transcription, signal visuel).
- Prenez en compte les situations concrètes : mobilité, environnement bruyant ou silencieux, utilisation sur différents supports ou appareils.
Aller plus loin – Diversifier l’accès à l’information
Pour garantir une accessibilité réelle, il ne suffit pas d’éviter la couleur seule ou le son seul : il faut anticiper toutes les situations où un utilisateur pourrait ne pas percevoir une information.
À chaque étape de conception, demandez-vous : si l’utilisateur ne perçoit pas ceci… comment va-t-il accéder à l’info ?
Des exemples concrets
- Polyhandicap : plus il y a de moyens différents pour accéder à une information (texte, icône, motif, retour sonore…), moins il y a de risque d’exclusion.
- Daltonien : ne jamais s’appuyer uniquement sur la couleur pour transmettre une information. Chaque signal visuel doit être accompagné d’un élément complémentaire, comme un texte explicite, une icône ou un motif. Par exemple, un message d’erreur affiché en rouge doit également comporter la mention « Erreur » et une icône d’alerte, tandis qu’une légende en rouge dans un schéma peut être associée à un motif hachuré afin d’être comprise par tous.
- Déficient visuel (malvoyant ou aveugle) : décrivez systématiquement ce qui est montré ou proposez une alternative audio.
- Personne sourde : un signal sonore ne suffit pas. Toute information donnée à l’oral doit exister sous forme écrite ou visuelle (transcription, sous-titre, icône “notification”…).
- Contexte d’usage difficile : même sans handicap, un utilisateur peut manquer une info à cause du bruit, d’un écran mal réglé, du soleil, de la fatigue… Diversifier les formes, c’est aussi s’adapter à ces réalités.
Redondance & complémentarité
En croisant redondance et complémentarité, vous rendez vos modules plus robustes et plus inclusifs. Rien n’est perdu, et tout le monde peut progresser à sa façon.
Redondance : sécuriser l’accès à l’information
Transmettre toute information essentielle par au moins deux moyens différents permet d’éviter toute perte d’information, par-exemple :
- Un message d’erreur signalé par une couleur et un texte explicite
- Un bouton accessible par sa forme et son label
À retenir :
La redondance protège contre toute défaillance sensorielle ou technique : si un canal ne fonctionne pas pour l’utilisateur, l’autre prend le relais.
Complémentarité : enrichir l’apprentissage
Varier les supports ne sert pas seulement à répéter l’information : chaque forme apporte un éclairage différent, utile à la compréhension de chacun :
- Le texte explique
- L’image illustre
- L’audio contextualise
- Le schéma structure
À retenir :
La complémentarité permet à chacun d’apprendre et de mémoriser selon ses besoins, ses préférences ou son contexte.
Pour aller plus loin
Outils utiles
- Paramètre d’accessibilité : activez les filtres de couleur du système
- Simulateur de daltonisme Coblis
- Générateur de motifs Pattern Monster (pour enrichir les graphiques)
Suivre ma progression :
Ce point est lu & terminé.